Pourquoi est-ce que je me sens comme ça?

Ces temps-ci, j’ai l’impression que je suis un peu trop négative. J’ai l’impression que rien ne fonctionne. Est-ce que c’est juste la grossesse qui m’épuise? Les hormones qui sont complètement débiles? Le bordel que les rénovations amènent? Où est-ce que la dépression est toujours présente? Est-ce que le manque d’antidépresseur se fait sentir? Est-ce que c’est le manque de contact avec des adultes? Est-ce que c’est le fait d’avoir mes parents à la maison à tout moment, tous les soirs pour nous aider avec les rénos? Est-ce que c’est un peu tout ça à la fois?

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je n’aime pas ce que je suis en ce moment. Je n’aime pas avoir l’impression que je vais pleurer n’importe quand. Je déteste éclater en sanglot parce que quelqu’un ose le ton. Je déteste oser le ton, car je pleure ensuite. Je n’aime pas être si impatiente envers ma fille. Je culpabilise encore plus. Et si je culpabilise, je pleure. Je n’aime plus me retrouver seule. Je ne suis plus capable de dormir la nuit. Je n’aime plus me retrouver dans le noir. Je passe mes journées à dormir ou à essayer. Je ne veux plus voir toutes les boites qui trainent dans la maison. Peut importe où je me retrouve, c’est bordel. On doit empiler des boites et des meubles partout. Je ne croyais pas que ce serait si long pour finir deux pièces. Je rêvais que tout soit terminé pour la naissance de ma fille. Il y a des jours où ça ne me dérange pas. Son petit lit est installé dans notre chambre. Ses vêtements ont trouvé une place. Je n’aime pas ne pas être capable de me pencher pour ramasser une feuille par terre. Je déteste dépendre de tout le monde. Je n’ai pas de concentration. Tout le monde me tape sur les nerfs. Je ME tape sur les nerfs! J’ai de la difficulté à m’endurer, Comment puis-je endurer qui que ce soit d’autre?

Moi qui rêvait de finir ma grossesse avec calme et zénitude. Je rêvais de passer mes journées à me flatter la bedaine en attendant l’arrivée de ma petite puce. Oh, je la flatte ma bedaine! Je la flatte, car j’ai droit à des contractions à TOUS les jours. toutes les heures sans que ça ne donne quoi que ce soit. J’ai mal. Beaucoup. Et on corps me niaise en ne se dilatant pas. Je supporte toutes ces douleurs sans raison. Du moins, pour le moment. Je n’ose plus espérer que le travail commence. J’ai l’impression que Bébé Fille va demeurer dans mon ventre jusqu’à la fin. J’ai l’impression qu’elle s’y sent un peu trop bien malgré le manque de place évident! Il serait temps qu’elle s’y sente à l’étroit!

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Bébé est toujours bien au chaud

stock-photo-4801368-young-woman-barefoot-and-pregnant-sitting-on-the-kitchen-floorPresque 37 semaines et bébé est toujours à sa place, bien au chaud dans mon gros bedon… que dis-je, mon énorme bedon! Je le jure, je crois que je vais exploser! Quand Bébé se met à bouger, j’ai l’impression d’avoir un petit alien dans le ventre! Là, en ce moment, je commence à avoir hâte d’accoucher. Non, pas d’accoucher. J’ai hâte que bébé soit dans mes bras. Que tout ça soit derrière moi. J’ai hâte de voir la binette de ma fille. J’ai hâte de voir ses petits pieds. J’ai hâte de voir son dos et m’assurer qu’elle va bien. J’ai hâte de voir le premier pipi et le premier … afin d’être sure que tout va bien. J’ai hâte de l’entendre pleurer. J’ai hâte de savoir si elle a des cheveux ou non. Sera-t-elle blonde comme son papa l’était enfant ou brune comme mes deux premiers et moi-même? Aura-t-elle les yeux bruns de sa maman ou bleus comme sa grand-maman ou encore vert comme son grand-papa? Est-ce qu’elle sera un bébé qui aime les bras ou dormira-t-elle dans son lit?   J’ai hâte de la regarder dormir, de l’allaiter, de la bercer, de l’embrasser. Cette enfant-là est déjà aimé de tant de gens… et elle n’est même pas encore là! Les enfants commencent à me demander quand est-ce que je vais accoucher. Ma fille exige que ce soit cette semaine… j’aimerais bien la satisfaire, mais s’il y a quelque chose que je n’ai pas le choix, c’est bien la date de naissance de mon bébé! Essayer de faire comprendre ça à des enfants!

J’ai vu mon médecin au début de la semaine. Ma grossesse se déroule toujours bien. À part la petite trace de protéine dans mes urines… il n’y a rien de spécial. Je ne suis toujours pas dilaté. Mon col commence à peine à ramollir. Mais, j’ai des contractions depuis deux semaines. Tous les jours. Tous les soirs. Parfois, elles sont plus douloureuses que d’autres. Dans la majorité des cas, il n’y a rien de régulier. Je n’ai donc aucune raison de croire que le travail est sur le point de commencer.  Je crois que mes contractions ont lieu lorsque je suis plus fatiguée ou stressée. Je me plaignais, il y a quelque semaine, de ne pas dormir. Je ne dors toujours pas plus sinon moins. J’ai des périodes d’insomnie sans compter les nombreux aller-retour pour la salle de bain la nuit ou juste pour changer de position la nuit. J’arrive à faire des siestes le jour, mais je ne dors pas plus d’une à deux heures en ligne. Ça n’aide en rien à la récupération. Sincèrement, je me dis que si bébé se point le bout du nez… je serais déjà habituée au manque de sommeil. Tant qu’à ne pas dormir, j’aurais au moins quelque chose à faire! Avec le manque de sommeil, vient la fatigue permanente. Je n’ai plus d’énergie pour rien faire. Je vide la lave-vaisselle et, je suis épuisée. Je descends au sous-sol pour faire une brassée de lavage, je remonte au rez-de-chaussée… j’en ai pour 5 minutes d’essoufflement! Si j’essais de soulever la balayeuse ou le panier à vêtements, j’ai des crampes dans le ventre très douloureuses. Je n’arrive à rien faire! C’est rien pour aider le moral!

Parlant de moral… ça va. Il y a des journées où je trouve ça plus difficile d’être seule à la maison, en ayant l’impression d’être inutile. J’ai l’impression de me revoir comme l’an dernier à pareille date. Je sais que la situation n’est pas la même. L’An dernier, j’étais en dépression. Cette année, je suis enceinte jusqu’aux oreilles. Comme l’an dernier, je n’arrive pas à fonctionner dans mes tâches, mais pas pour la même raison. Malheureusement, ce n’est pas plus facile à accepter. Avec les rénovations du sous-sol, ce n’est pas plus facile. Je sais que mon amoureux et mon papa font ce qu’ils peuvent avec le temps qu’ils ont. Comme je ne peux pas les aider comme je le voudrais, je ne veux pas leur mettre de pression en leur disant que ça me stress que ça n’avance pas plus vite. Je suis aussi consciente que c’est la première fois que mon amoureux fait de la rénovation. Je suis fière de ce qu’il fait avec ses propres mains! C’est impressionnant de voir les murs prendre forment, le sol… etc. J’dirais que j’ai diminué mon stress depuis hier seulement. J’ai beau me répéter depuis le début que ce n’est pas grave si bébé n’a pas sa chambre quand elle va arriver, car j’avais l’intention de la faire dormir dans ma chambre au début. Reste que j’avais espoir que pour la toute première fois, un de mes enfants auraient sa chambre toute prête avant sa venue. Ma 1ere n’a pas eu de chambre avant l’âge d’un an parce que nous étions dans un 41/2. Mon deuxième… le papa n’a pas voulu m’aider à changer les meubles du bureau afin de lui faire une chambre avant l’âge de 2 mois.

Pour bébé trois, ce n’est pas la faute de son papa. Ni la mienne. Ni celle de personne d’autre. Quand on était prêt à débuter les constructions, on a appris qu’elle avait une malformation. J’ai du faire amniosynthèse. On a eu peur de ne pas mener la grossesse à terme. J’ai donc attendu les résultats des tests. Ensuite, on nous dit qu’il va y avoir d’autres échographies et des rencontres avec des spécialistes afin qu’on ait une bonne idée de ce qui nous attend. À chaque fois, on nous disait qu’on respecterait nos limites. J’avais toujours le feeling qu’il se pourrait qu’on change d’idée et qu’on arrête la grossesse. Dans de telles circonstances, on a pas oser commencer quoi que ce soit pour la chambre. Si ça n’avait pas été de tout ça, probablement que les rénovations seraient terminés.

Je crois que j’ai débordé du sujet que je voulais aborder… je tenais juste à ce que vous sachiez que bébé était toujours en place dans mon bedon!

Sevrage

Depuis deux jours, je ne prends plus d’antidépresseurs. J’ai commencé mon sevrage au mois de mai. Trois long mois pour diminuer tranquillement ma dose afin de la cesser avant l’arrivée de bébé. Au début, j’ai eu peur de diminuer. J’avais peur de ne plus la prendre et de redevenir comme avant. Mais le premier mois c’est très bien déroulé. Quand est venu le temps de diminuer à nouveau, j’avais la nouvelle concernant la petite puce à venir. Mon médecin m’a alors suggéré d’attendre un moment, mais quand ma prescription fut terminé, je n’ai pas eu le choix de diminuer à nouveau, car mon médecin ne m’avait pas remis de nouvelle ordonnance. Je me sentais forte. J’ai osé me lancer! ¨Ca bien été! J’ai même été surprise! Je me suis senti bien et sereine avec moi-même.

Depuis deux jours, c’est autre chose. Je suis impatiente. Les larmes me montent aux yeux sans raison ou presque. Je me sens agressive. J’suis à boutte de tout! Je ne sais plus si c’est le manque de pilule ou la fatigue ou la grossesse ou tout ça en même temps! Mon chum m’a fait remarquer que cela fait 4 semaines que j’ai les enfants à la maison, que je passe tout mon temps avec eux. Qu’il serait temps que je prenne du temps pour moi. Il a probablement raison. Mais, je n’ai pas le goût de les envoyer au camp de jour. Je n’ai pas le goût de préparer de lunch.

Avec la chaleur qui nous accable, c’est encore plus difficile! Le moindre effort physique me fatigue. J’écrase avec l’humidité. Heureusement, je ne travaille que deux jours semaines! Et que je suis en vacances depuis deux semaines! Parfois, je me demande comment j’ai  pu travailler à temps complet alors que j’étais enceinte de mon gars. Comment est-ce que j’ai fait pour étudier avec ma fille de 3 mois? Parfois, je me demande comment je vais faire pour être enceinte encore 2 mois et demi?

Le pire est que je me sens mal de penser une telle chose. J’ai toujours aimé être enceinte. Mais là, la fatigue, le manque d’appétit, les nausées et vomissement toujours présent ainsi que le stress de ne pas savoir comment sera ma fille n’aide probablement pas…

Des résultats

Dernièrement, je vous ai parlé du résultat de mon échographie morphologique que j’ai eu à 22 semaines de grossesse. Je tenais à vous remercier de votre soutien et de vos mots. Ce sont de petits bouées lancées à la mer qui me permettent de me raccrocher à la réalité les journées où cela va moins bien.

Contrairement à ce que je m’attendais, j’arrive à conserver la tête hors de l’eau. J’arrive à savourer les moments de ma grossesse. Bien entendu, j’aurais préféré qu’il n’y ait aucune inquiétude, mais j’arrive à les surmonter. Il faut croire que je ne suis pas faire pour avoir une grossesse sans anicroche! Mon chum et moi nous soutenons beaucoup. Nous avons pris la décision ensemble d’avoir ce bébé. Il vit toutes les rencontres médicales et suivi avec moi. Nous allons traverser cette épreuve ensemble jusqu’à la fin!

Depuis mon échographie du 28 juin, j’ai beaucoup de téléphone de l’hôpital Ste-Justine. Les rendez-vous se multiplient. Les questions sont toujours présentes et peu de réponse pour le moment… Hier, nous avons enfin reçu l’appel de la conseillère en génétique. Le caryotype de mon bébé est normal! Il n’y aurait donc pas de syndrome ou maladie chromosomique!  Un énorme stress en moins! J’avais tellement peur de ce résultat. Je ne voulais pas prendre de décision. Je m’étais dit que s’il trouvait n’importe quel syndrome présentant un retard mental, des handicaps et malformations multiples, je ferais ce que j’ai à faire. Mais juste l’idée de devoir prendre une telle décision me brisait le cœur! Pour le moment, je peux reléguer cette pensée un peu plus loin.

Cette semaine, nous rencontrons l’urologue. La semaine prochaine, encore des échographies… Une semaine à la fois! On s’accroche à chaque petits coups de pieds de ma puce. Elle n’est pas encore là, qu’elle me comble de bonheur.

Quand les symptômes refont leur apparition

Je suis fatiguée. Terriblement fatiguée. Je me lève trois fois par nuit. Je dors mal. Je me réveille la matin avec la seule envie de me rendormir. Je marche vers l’arrêt d’autobus en ayant en tête que je pourrais enfin dormir une fois assise sur le siège de plastique. Je passe de l’autobus au métro dans un état second. Je dormirais en marchant si cela était physiquement possible! Quand j’arrive au travail, j’arrive à me réveiller un peu… jusqu’à l’heure du diner. À ce moment, la fatigue refait surface, le manque de concentration apparait pour une vingtaine de minutes. Par la suite, ça va bien jusqu’à ce que je rentre à la maison. Quand vient le temps de dormir… c’est une autre histoire!

Je m’endors très bien. Heureusement! Car par la suite, je me réveille jusqu’à trois fois pendant la nuit pour aller à la salle de bain. La fatigue et les réveils nocturnes ne seraient pas si pire si ce n’était pas qu’ils sont accompagnés de brulement d’estomac et de saute d’humeur. Je passe du rire aux larmes pendant une publicité. Quand j’ai faim, j’ai mal à l’estomac. J’ai l’impression d’être une enfant, car je dois immédiatement manger. J’ai toujours faim! Le symptôme que je préfère dans tout ça demeure malgré tout l’absence de mes règles! Pour les 8 prochains mois, les saignements ne seront pas au rendez-vous! Et dans 8 mois, je serais une maman pour la 3e fois, si tout se passe bien!!