L’impuissance d’une maman face à la douleur de son enfant

209H

C’est la deuxième journée post-opératoire. C’est supposé être plus facile qu’hier. Je ne suis pas sure. Vraiment pas. Depuis hier soir, ma fille n’a pas pris de morphine. Elle semble avoir moins mal, mais… comment en être sure? Comment est-ce que je peux être certaine que mon bébé ne souffre pas? Quand je la questionne, elle me répond un « non » retentissant, mais elle continue de se tortiller et de se lamenter. Est-ce juste la position qui la rend inconfortable? Est-ce seulement ses intestins qui la dérangent? Est-ce qu’elle est juste tannée de nous voir 24h/24?

Plusieurs fois par jour, nous devons « tourner » notre fille afin de lui éviter des plaies de pression. À chaque fois, elle hurle sa vie pendant plusieurs minutes. Parfois, elle se calme rapidement et d’autres… c’est une autre histoire. Ce matin (et cet après-midi), elle a pleuré. Longtemps. Très longtemps. Elle me disait de partir, de la laisser toute seule, de ne pas lui parler, de ne pas lui toucher. Tout y est passé.

J’ai beau ne pas le prendre personnel, la fatigue aidant, ça vient me chercher. C’est encore pire lorsque ma fille se calme et qu’elle me dit en pleurant qu’elle veut venir dans mes bras. Comment expliquer à une petite fille de 3 ans que sa maman ne la prend pas parce qu’elle ne peut pas. Pour son bien. Que si je ne le berce pas pour calmer la douleur, c’est pour justement éviter qu’elle en ait plus. Comment faire comprendre à son bébé qu’on préférerait avoir mal à sa place?

Je me sens tellement impuissante. Tout ce que je peux faire, c’est attendre qu’elle se calme. De rester près d’elle même si elle me hurle de sortir de la pièce parce qu’au fond, je demeure persuadée qu’elle ne veut pas réellement être toute seule. Pas aujourd’hui. Pas dans la douleur. Pas à 3 ans.

6 réflexions sur “L’impuissance d’une maman face à la douleur de son enfant

  1. Dur, dur! Je suis de tout coeur avec vous! Si ça améliore son état, c’est certain que ça aura valu la peine, malgré la souffrance. Elle est petite mais il faut lui expliquer et lui réexpliquer. Tout. C’est surprenant ce que les petits enfants retiennent. Mon fils adulte me racontait des trucs pas trop drôles qui se sont passés quand il avait trois ans et j’ai été stupéfaite qu’il se soit rappelé si clairement des événements. Pas seulement des événements en tant que tel mais aussi des paroles exactes que j’avais prononcées. La puissance du parent à consoler est immense. La parole guérit.

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  2. Ce que tu vis avec ta fille est aussi cruel qu’admirable. Je ne peux imaginer la profondeur de tes emotions en ces terribles moments mais tu as toute ma compassion. Tu es forte et ta fille aussi! C’est d’ailleurs une adorable cocote en photos. On en croquerait! Pensées solidaires.

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