Petite réflexion

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Ce matin, je lisais le commentaire d’une femme libre qu’elle m’a laissé sur mon dernier billet et, j’ai réalisé plusieurs choses. Je me rends compte que ce n’est pas le retour au travail  qui me fait culpabiliser. Je suis contente de retourner travailler. Je suis heureuse dans ce que je fais. J’aime travailler avec les prématurés. J’aime savoir que j’apporte peut-être un peu de réconfort aux parents qui vivent des moments difficiles. J’aime me dire que je fais peut-être un tout petit peu la différence pour certains. J’aime travailler en équipe avec mes collègues et amies. J’aime savoir que je suis appréciée dans ce que je fais. J’aime savoir que les gens ont hâte de me revoir. J’aime me sentir utile.

Là où ça se complique, c’est le nombre d’heure où je suis absente. Je dois partir très tôt le matin. Cinq heures  quarante-cinq, je sors de la maison et je vais prendre l’autobus au coin de la rue. Je ne suis de retour que pour 17h45 le soir. Je suis donc absente 12 heures par jours, 4 fois par semaine. Je sais que c’est énorme. Je vois ça encore plus énorme avec la présence de Bébé Fille. La fin de semaine que je travaille, je pars plus tard et je reviens plus tôt, mais encore une fois… je me sens coupable de ne pas être plus à la maison.

Je me rends compte aussi que ce que je ne veux pas, c’est de “manquer” des bouts de vie de mon bébé. J’ai eu le même sentiment quand mes deux plus vieux ont commencé la garderie, l’école et quand ils sont chez leur père. Je voudrais être présente dans tout ce qu’ils font. Mais je sais aussi que c’est impossible. Je dois apprendre à lâcher prise, mais crime que ce n’est pas facile! Je trouve ça moins difficile quand les deux grands partent pour la fin de semaine. Ça ne me dérange plus qu’ils soient à l’école (depuis le temps, je n’ai pas trop le choix!). J’imagine que ça va me passer avec Bébé Fille, mais c’est une étape que je dois franchir. Je dois me rappeler qu’elle ne sera pas à la garderie 12 heures par jour. Mon amoureux va être avec elle tous les matins. Il va aller la reconduire à la garderie pour 7h30 et va la reprendre avant 17h00. C’est juste moi qui suit absente aussi longtemps.

Je sais que je pourrais tenter de me trouver un travail plus près de chez moi ou déménager plus près de mon travail. Mon homme est prêt à le faire pour moi. C’est moi qui ne veux pas déménager. Je ne veux pas changer d’école les enfants encore une fois. Je ne veux pas à avoir à négocier le changement de ville avec leur père, quoique ça l’arrangerait peut-être aussi. Je ne veux pas changer de job. J’ai beau dire que je vais envoyer mon cv. au CLSC, reste que je ne le fais pas. Je ne dois pas être si mal que ça en bout de ligne. J’ai peur de trouver le temps long en dehors du milieu hospitalier. J’aime le fait que ça bouge beaucoup. J’aime être avec mon monde. J’aime ma routine. J’aime ma clientèle. J’aime le fait de ne pas travailler et vivre dans la même ville. Je ne rencontre pas mes patients au centre d’achat! Ma vie privée demeure privée (c’est étrange de dire ça sur un blog alors que vous connaissez tous ma vie privée, mais je me comprends!). J’ai 9 ans d’ancienneté. J’ai un poste de jour. Dans le département de mon choix. Je ne crois pas que je pourrais avoir ça ailleurs.

Bref, je veux le beurre et l’argent du beurre! Au moins je m’en rends compte. J’essais de me rappeler que je suis déjà passé par là avec les deux autres. Que tout va bien se passer. Qu’une nouvelle routine va s’établir. Il faut juste que je respire par le nez et me dire que tout va bien se passer!

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Une réflexion sur “Petite réflexion

  1. Réaliser que tu aimes ta job est très important! Super même. Tous ces bébés qui vont mieux grâce à tes bons soins, me semble en effet que c’est très valorisant. On te suit dans ton cheminement Damia. Le beurre et l’argent du beurre, on veut toutes ça un peu ou beaucoup. Et pourquoi pas? Normal de vouloir le meilleur. Lâche pas! ;o)

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