Bébé Fille est née!

Je ne peux pas croire que mon Bébé Fille a maintenant 12 jours. J’ai beau avoir eu deux enfants avant elle, ça m’impressionne toujours autant de me rendre compte que le temps passe si vite. Je la vois déjà plus grande et plus dodue.

Bébé Fille a finalement pris la décision de ne pas attendre l’induction du 19 novembre et, est née le 18 novembre. Ce n’est pas beaucoup plus tôt, mais c’est quand même elle qui a choisit sa journée! Et parlons-en de la journée précédente! Sincèrement, je croisais les doigts pour que ça n’arrive pas à ce moment.

Le 17 au matin, ma fille est venu me réveillé avec son air de “je suis une future ado et j’ai décidé d’avoir mon air bête en permanence. Pis, si j’feel pas, la terre entière n’a pas le droit d’être bien.” Vous voyez le genre? Bref, ça m’a mis dans un état lamentable après une nuit épouvantable. Par la suite, mon fils a trouvé un super truc pour activé ma fibre de culpabilité. Alors que je revenais de son cours de gymnastique, il m’a posé LA question qui tue. “Maman, pourquoi est-ce qu’on fait jamais rien avec toi ces temps-ci?” J’ai reçu cette question comme une claque en plein visage. J’ai eu l’impression de me faire jeter à terrer. Une simple phrase. Juste quelque mots qui tuent. J’ai essayé de garder mon calme et de repousser Miss Culpabilité en essayant de lui faire comprendre que sa maman est enceinte jusqu’aux oreilles et que ce n,est pas facile de faire des activités familiales. J’ai essayé de lui expliquer que maman n’avait pas nécessairement beaucoup d’argent ces temps-ci, car je ne travaillais pas et qu’on gardait l’argent pour faire le sous-sol dont… sa future chambre. Ce n’est pas évident de ne pas verser de larmes quand on a les hormones dans le tapis, la fatigue à son paroxysme et qu’on a mal partout avec la grossesse. Ce n’est pas évident non plus, quand on culpabilise déjà depuis un moment, car on a l’impression de ne pas donner autant de temps qu’on le voudrait à ses enfants.

Pendant la soirée, les enfants ont continué de faire des bêtises. Disputes sur disputes, ne respectant pas les consignes et tout ça… pendant que j’essayais de calculer les contractions que j’avais. Comme j’en avais eu dans la journée et qu’elles étaient peu régulières, je n’avais pas trop fait attention. Là, elles commençaient à être un peu plus douloureuses. Mais, comme j’étais en faux travail depuis plus de trois semaines, je ne m’en faisais pas trop.

J’ai quand même pris un bain. Pis deux. Je me suis couché sur le côté gauche, une fois, deux fois… trois fois. J’ai marché. J’suis resté assise. J’ai pleuré de découragement parce que cela avait été une journée de /$%?&! J’ai pleuré et j’ai suppliée de ne pas accoucher ce soir là, parce que je ne voulais pas me souvenir de ce que j’avais ressenti toute la journée! Une journée de merde reste une journée de merde même si on accouche, non? Vers 21h, les enfants ont fini par s’endormir. Les contractions étaient de plus en plus régulières et beaucoup plus douloureuses. Merde encore que je me suis dit. J’ai fini par téléphoner à mes parents pour leur demander de venir chercher les enfants. J’ai réveillé les p’tits. Une chance, ils avaient fait leur valise le soir-même. 15 minutes plus tard, ils quittaient avec ma mère. J’ai fait mes téléphones à la salle d’accouchement de mon coin et celle de Ste-Justine. Tous étaient unanimes. Il fallait aller directement à Ste-Justine et que si le travail n’était pas un vrai, on me provoquerait dans le nuit plutôt que le lundi matin.

Un autre 15 minutes plus tard, on était en route. C’est alors qu’on a appris que le pont Champlain avait deux voies sur trois de fermer. Merde encore une fois! Est-ce qu’on prenait la chance de passer par là? Est-ce qu’on connaissait un autre chemin? Est-ce qu’on prenait le risque de se perdre dans Montréal? Sincèrement, je crois que mon chum n’a jamais fait le trajet aussi rapidement. Normalement, nous y sommes en 50 minutes. Je n’ai pas l’impression que ce fut aussi long. Minuit trois, nous franchissions le stationnement de l’hôpital. Minuit 15, j’étais dans la chambre de naissance et on m’annonçait que j’étais à 5 cm! J’étais en travail, en vrai travail pour une fois! Dans quelque heures, j’aurais ma fille dans les bras! Je crois que je n’ai jamais été aussi soulagée d’être à l’hôpital. Pendant le trajet, je ne disais rien. J’encaissais chaque contraction en essayant de visualiser mon col qui ouvrait. Mais, sincèrement j’avais le goût de hurler. La position assise était très pénible. J’avais l’impression qu’on essayait de déchirer le bas de mon ventre. Je ne voulais pas inquiéter mon chum surtout pas quand on a dû s’immobiliser sur le pont en raison du trafic. Bref, une fois dans la chambre j’ai essayé de ne pas crier de douleur. Je ne me souvenais pas d’avoir eu aussi mal pour mes deux premiers. Je tenais à essayer d’accoucher sans épidural, car pour mon 2e, j’avais accouché avant même que cela n’ait d’effet. Pendant que l’infirmière m’installait, il y a eu l’anesthésiste qui est passé par là pour offrir ses services parce qu’elle était sur place. J’ai réfléchi à ma douleur. J’avais mal. Terriblement mal. J’ai pensé que si je ne le prenais pas à ce moment, il serait peut-être trop tard par la suite. J’ai accepté. J’ai aussi culpabilisé. Je voulais tellement essayer sans… mais j’avais tellement mal!

Pendant que l’anesthésiste essayait de me faire mon épi, on m’a examiné à deux reprises (je crois), car je sentais que ça poussait. J’étais à 6… ensuite à 7. Cela ne faisait même pas une heure que j’étais arrivée. On m’a dit que ça ferait effet en 15 minutes. La douleur était de plus en plus intense. Je criais de plus en plus. J’ai pleuré. Je n’en pouvais plus. On me répétait que l’épi allait faire effet dans peu de temps. Les contractions ne relâchaient pas. Jamais. La douleur était toujours présente… sans arrêt. Elle variait en intensité, mais ne disparaissait pas. Mon corps forçait pour expulser le bébé. On me disait de ne pas pousser. C’était plus fort que moi. J’étais à 8 cm… l’infirmière tentait d’expliquer à la résidente  que je ne poussais pas de façon volontaire. Que mon corps faisait le travail. Mon col commençait à enfler. Merde encore une fois. Je hurlais de douleur. Je me suis excusé un million de fois. Je m’en voulais d’hurler comme ça. Je n’avais jamais fait ça! Jamais je ne me donne en spectacle. Jamais!! J’avais honte et tellement mal en même temps. Le cœur du bébé a commencé à chuter. J’ai perdu du liquide. Bébé avait fait son méco. Elle était en détresse. La gynéco m’a dit que si bébé faisait encore des signes de détresse qu’on irait en salle d’op pour une césarienne. Elle est sorti dans le cadre de porte pour demander à ce que la salle d’op soit prête au cas où… ça phrase n’était pas terminé que des infirmières et médecins sont accourus vers moi et nous sommes partit dans le corridor. J’ai entendu “césarienne P1”!! Mon chum a été tassé dans le coin. On m’a débranché et, tout le monde courrait dans le corridor. J’avais peur. J’ai pleuré. J’avais tellement mal. Je me répétais que j’étais dans le bon hôpital. Que tout irait bien pour mon bébé. Et, en entrant dans la salle d’op, j’ai aussi réalisé que mon épi ne fonctionnait toujours pas. J’ai eu peur! Peur qu’ils commencent la césarienne sans attendre que je ne sois gelée. Je voulais qu’on m’endorme au plus vite, je ne voulais plus avoir mal.

Mais ça continuait de pousser. Je continuais de hurler. Le gynéco a pris la décision de tenter de me faire pousser. Je ne sais plus combien ils étaient, mais il y avait tellement de monde qui me tenaient les jambes. On me disait de pousser. On essayait de me résonner. Une petite voix avait le goût de hurler de me faire une césarienne. J’étais à bout. J’ai poussé. Comme on me disait de faire malgré la douleur… avec la douleur. J’ai poussé trois contractions et bébé est venu au monde. Je ne l’ai pas entendu. Ils l’ont amené avec eux. J’ai questionné. Je voulais savoir si elle allait bien et c’est là que tout le monde a cessé de parler pour que je l’entende pleurer. Ce fut un tel soulagement!! Il était 2h03.

Deux heures après mon arrivée, Bébé Fille est née! Une belle pouponne de 7 livres et 4 onces… avec un apgar de 9-9-9. Elle allait bien. On a passé à travers toutes les deux, ensembles!

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11 réflexions sur “Bébé Fille est née!

  1. cleophis dit :

    C’est drôle que tes enfants étaient turbulents la veille, la mienne aussi s’est levée plusieurs fois la nuit avant mon accouchement alors qu’elle dort toujours très bien ! En tout cas, félicitations, l’épreuve était dure mais tu as échappé à la césarienne et la miss est en pleine forme ! Bisous à la famille.

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  2. unemamanraconte dit :

    Quel accouchement! 🙂 Félicitations, je vous souhaite de bons moments avec cette nouvelle petite fille et dans votre nouvelle vie à 5 ! xxx

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  3. Mandoline dit :

    Félicitations!!! Quel courage tu as dû avoir pour passer à travers cet accouchement mouvementé! En te lisant je me suis rappelée de (mauvais) souvenirs de mon deuxième accouchement… quand en chemin vers l’hôpital nous sommes restés coincés dans le traffic durant 1h30 avec des contractions aux deux minutes… Mais bon après quand on a le bébé et qu’il va bien tout ça devient bien relatif 🙂

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  4. Une femme libre dit :

    Wow! Félicitations! Vous vous êtes évité la césarienne de justesse mais surtout, surtout, après toutes les inquiétudes.. elle est en santé! Vous allez pouvoir souffler un peu.

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