La foule silencieuse

J’utilise le transport en commun depuis près de deux ans. Je prends l’autobus au coin de la rue et, ensuite je prends le métro à partir de Longueuil afin de me rendre sur l’ile de Montréal. Je fais environ une heure vingt de transport matin et soir.

Il y a une chose qui me fascine dans les transports en commun. Vous voulez essayer de deviner? Non, ce n’est pas l’efficacité des lecteurs de carte OPUS (on s’entend que ça plante toujours dans les autobus!?). Est-ce que ce sont les énergumènes que j’y croise? Hum, non. Bien que je croise des gens de toutes sortes… ça ne m’impressionne plus. Je travaille quand même en plein centre-ville de Montréal. On s’entend que des gens bizarres, j’en ai vu beaucoup! Le non respect des horaires d’autobus? Non, ce n’est pas ça non plus. Quoique je trouve ça fascinant. Quand je suis juste à l’heure, l’autobus vient toujours de partir une minute trop tôt et quand je suis en avance, elle a toujours du retard.

Ce qui m’impressionne et me fascine est le silence qu’il peut y avoir dans l’autobus. Les bancs sont pleins de gens. L’allée est remplie de monde qui tente de ne pas tomber lorsque l’autobus arrête subitement. Et malgré ça, on entendrait une mouche voler. On entend la musique de ceux qui l’écoutent trop fort. On entend les gens éternuer. On entend les voix dans l’interphone du chauffeur Mais il n’y a pas de conversation, pas de rire. Rien. Même chose dans le métro. Quand on prend la peine de regarder autour de soi, on voit les gens plonger dans leurs livres, dans leur journal ou sur leur iphone. Les gens textes, surfent et jouent à des jeux. Il y a ceux qui regardent à l’extérieur sans bouger et il y a ceux qui fixent le banc en avant d’eux. Parfois, on voit quelques têtes qui semblent cogner des clous et d’autres sont en sommeil profond.

Et parfois, le silence est brisé par un cellulaire qui sonne et tout le monde fait semblant de ne pas écouter la conversation. Et certaine fois, un miracle se produit, il y a un enfant qui est là… sa petite voix apporte un peu de vie dans ce voyage tristement silencieux.

« La foule est une solitude. » de Lyse Longpré

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3 réflexions sur “La foule silencieuse

  1. Kimie (Mots et Emaux) dit :

    Je n’y avais jamais prêté attention, mais tu as raison, personne ne parle beaucoup dans les transports en commun.
    Cela dit, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est silencieux, car le ronronnement du moteur ou le crissement des roues sur les rails meublent le silence des humains…

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  2. Une porte sur deux continents dit :

    Très juste ! On est seul au milieu de la foule, comme le dit si bien la citation de Lyse Longpré à la fin de ton texte…

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