Un tour à l’urgence…

Une grossesse sur 4 se termine par un avortement spontané lors du premier trimestre. Avec ma logique de terre à terre ou de personnel de la santé, j’ai toujours dit qu’une fausse couche a toujours lieu pour une bonne raison; un embryon non viable, une malformation ou tout simplement un œuf clair. J’ai longtemps cru qu’on se remettait rapidement d’une fausse-couche surtout si ce n’est pas sa première grossesse. Quand on est pas impliqué émotivement, c’est finalement tellement facile de faire des suppositions. C’est facile d’imaginer ses propres réactions. Quand on ne le vit pas, on ne sait rien.

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Le 21 décembre dernier, j’ai passé un test de grossesse qui s’est avéré être positif! En quelques secondes seulement, la petite barre rose est apparue. Il n’y avait aucun doute! Trois mois seulement après le retrait de mon stérilet! J’ai eu des doutes. Jusqu’à la conception. Mais, lorsque j’ai vu le résultat, j’ai su. J’ai eu la certitude que je faisais la bonne chose. Que c’était la meilleure chose que j’avais fait! La bouffée d’amour que j’ai ressenti. J’ai su que j’aimerais cet enfant là comme j’aimais les deux premiers. Quand j’ai annoncé la nouvelle à mon amoureux, cela a tout confirmé. Il était aussi heureux que moi. Pour la première fois, j’ai eu la certitude que cette grossesse serait presque parfaite. Pour la première fois, je vivais ce moment avec quelqu’un qui ne me laisserait pas tomber en cours de route.

Nous avons annoncé la nouvelle à nos familles respectives le soir du réveillon. Pourquoi si tôt? Parce que mon homme avait tellement hâte de l’annoncer à sa mère et, de toutes façon, mes autres grossesses se sont toujours bien déroulé. Pourquoi attendre? La joie de ses sœurs, de sa mère et de ses beaux-frères. La joie de mes enfants! Que dire la dessus? Ma fille a tellement hâte d’être une grande sœur à nouveau. Je crois même qu’elle est plus impatiente que moi.

Le 3 janvier… en soirée, les crampes ont commencé. Un peu plus forte que de coutume. J’ai passé ma soirée à aller voir à la salle de bain si je ne perdais pas de sang. Un moment donné, ce fut des traces rosées que j’ai trouvé… le sentiment de panique m’a pris. Les crampes ont diminuées. J’ai cru que c’était terminé! Une heure plus tard, je vais encore à la salle de bain et j’ai vu le sang. J’ai pleuré. J’ai craquée! Mon chum a essayé de me calmer. M’a dit que ça arrivait qu’une femme saigne. Je savais que ça arrive. J’ai beaucoup de patientes dans cette situation, mais j’avais de la difficulté à y croire. Une heure plus tard, plus rien. Je suis allé dormir. Le lendemain matin, rien du tout! Ouf que je me suis dit! C’était temporaire. Je suis allé faire du scrapbooking avec mes enfants et les crampes sont revenu.. un peu plus forte. La présence du sang… j’ai su. Les crampes qui me laissaient une impression amère. J’avais l’impression de sentir mon corps qui tente de rejeter quelque chose à l’extérieur de moi. Et moi, qui tente de repousser mes crampes. J’ai tenté de croire. J’ai pleuré… beaucoup, à grosse larmes. J’ai appelé ma mère en catastrophe. Elle a appelé mon médecin pour moi, car j’étais incapable de prendre une décision sensées. On m’a fortement suggérer d’aller à l’urgence pour être sure que je ne faisais pas une grossesse ectopique.

À l’urgence, j’ai attendu… 19 heures avant de voir un médecin. Assise sur ma chaise inconfortable avec des crampes en sachant que j’étais entrain de perdre mon bébé. J’ai passé par toutes les vagues d’émotions. J’ai eu de l’espoir, de la peur, de la tristesse. Mon chum est resté avec moi tout le long, s’organisant pour me rendre la situation plus confortable. Quand j’ai fini par être vu par un médecin, j’ai eu un peu d’espoir jusqu’à ce que je vois l’échographie… étant supposée être enceinte de 7 semaines, mais aucun petit cœur, aucun embryon de visible…  On m’a confirmé un avortement spontané complet. Selon le médecin, la grossesse a dû s’arrêter il y a une ou deux semaines. J’ai été enceinte. J’ai juste été chanceuse de le savoir… je dois quand même faire des prises de sang cette semaine pour valider que mes hormones retournent à la normale sinon, ce voudrait dire qu’il reste des morceaux ou que je fais une grossesse ectopique.

C’est 24 heures après mon arrivée que j’ai enfin eu un résultat et que j’ai pu sortir de l’hôpital. Nous sommes allé manger quelque part, je suis allé annoncer la nouvelle à mes enfants… ce fut un moment intense en émotion. J’ai essayé d’être calme et de dédramatiser la situation. Ils ont quand même beaucoup pleurer. Mon chum et moi tenions à peine debout. Plus de 36 heures sans dormir… finalement, les enfants étaient bien et je les ai laissé avec ma mère pour que nous puissions aller dormir.

Dix-sept heures de sommeil. C’est ce dont nous avons eu besoin. Maintenant, il y a des hauts et des bas. On se dit qu’on va faire un autre bébé. Mais à chaque petite crampe, à chaque fois que je vais à la salle de bain, ça me frappe en plein visage. C’est un rappel constant de ce que j’ai perdu. Je sais qu’il n’a probablement jamais été viable, mais je me demande sans cesse qu’est-ce que j’ai fait de mal? Qu’est-ce que j’aurais dû faire de différents? Est-ce que c’est la médication? Pourtant, tout le monde me dit qu’il n’y a pas de problème? J’ai bu une demi coupe de vin… est-ce que c’est ça? J’ignorais que j’étais enceinte. J’ai des patientes qui se droguent, qui sont alcooliques et rendent toutes leurs grossesses à terme. Ma fille était un accident. Mon conjoint de l’époque m’a fait vivre un stress intense et j’ai quand même mener la grossesse à terme. Pourquoi est-ce que là, je n’y suis pas arrivé? Beaucoup de questions, pas de réponse.

Hier, j’allais tellement mal que j’ai eu peur. Peur de me retrouver aussi bas que les dernières semaines. Ça allait tellement mieux dernièrement. Mais, je sais que tout ça est temporaire. La prochaine grossesse sera la bonne. J’en ai déjà deux qui sont en parfaite santé. Je suis capable d’en faire un autre… un jour à la fois…

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11 réflexions sur “Un tour à l’urgence…

  1. Stefany dit :

    J’ai une pensée pour toi. Je ne sais pas ce que tu vis et la gamme d’émotions par lesquelles tu as du passer puisque je ne l’ai pas vécu mais ça ne doit pas être facile. Tout ce que je sais, c’est que ce n’est certainement pas quelque chose que tu as fait de mal parce que comme tu le dis si bien, certaines font bien pire que ça.

    Peut-être que c’était simplement pour te confirmer que tu avais fait le bon choix mais que c’était préférable d’attendre encore quelques semaines. Peut-être que tu dois attendre d’avoir recommencé à travailler pour voir comment tu vas dealer le travail, le stress et tout sans avoir en plus les sautes d’humeur de la grossesse, la fatigue et le manque de patience. Peut-être que ce n’est rien de tout ça. Mais une chose est sure, tout arrive pour quelque chose et je suis certaine que tu seras à nouveau enceinte bientôt. Et il sera encore plus désiré.

    Bonne chance là-dedans et laisse-toi bien accompagner par ton chum. Tu vois que tu en as un bon qui seras là pour toi quoi qu’il arrive. Je pense à toi très fort!!

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  2. Catherine dit :

    On ne sait connait pas… Je ne crois même pas encore avoir laissé de commentaires ici… Je fais juste commencé à passer. J’ai accroché au contenant de ton blogue et maintenant je me suis mise au contenu. Ton message m’interpelle. Je n’y comprends rien, je n’ai jamais eu cette peine. Mais je comprends le bonheur et l’innocence du « tout va bien ».
    Si petit sont-ils, ces petits êtres qui nous habitent et qui parfois doivent nous quitter trop vite, sont une partie de nous, un projet, l’avenir et surtout l’amour.
    Laisse le temps passer, vis l’émotion et tout le rationnel que tu connais si bien prendra sa place seul… sans forcer…
    Bonne chance…

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  3. Anna-Belle dit :

    Ma belle-soeur vit présentement ce que tu vis…c’est la deuxième fois pour elle, elle a eu un petit garçon en santé entre les deux…Ce n’est pas facile, malgrés les c’est mieux ainsi et toutes les histoires de grand-mère…

    Prends soin de toi, donne toi le droit de vivre ta peine, de pleurer, d’être en colère, de te sentir coupable même si tu ne l’es pas…Vis chaque sentiment.

    Je te souhaite bonne chance pour la suite, je te lis en silence depuis longtemps, mais ce soir je tenais à te laisser un petit mot de réconfort si petit soit-il…

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  4. Fanny Beaupré (@MmeFannyB) dit :

    Laisse toi du temps, repose toi, pleure, parles en avec ton amoureux. Pour avoir passé par l’a 7 fois ce sont les conseils que je peux te donner. C’est pas facile, nous aimons déjà ce bébé à l’apparition de la ligne rose donc c’est un deuil. Prends soin de toi.

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  5. Vanessa dit :

    Oh 😦 Je suis sans mot. Je ne sais jamais quoi dire dans ces situations… Il me semble qu’il n’y a pas de mot. Chaque petit être qu’il soit dans un bedon durant 48 heures, 8 semaines, 20 ou 40 est un bébé pour moi. Et la perte d’un enfant par un parent ne devrait pas exister!

    Bonne chance maman pomme cerise! Qu’un petit pépin bien fort et en forme vienne prendre place dans ton bedon juste assez vite pour te faire du bien! Prends bien soin de toi! Je t’embrasse! Et une petite pensée pour ta famille qui vit aussi cette douleurs par procuration!

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  6. Sylvie dit :

    Je suis passée par une fausse couche en avril dernier, après avoir eu une belle fille en santé en novembre 2009. Comme tu a écris on m’a répété souvent les statistiques, les raisons possibles, etc. Mais malgré tout, ça fait mal.

    Malgré tout ça, je suis « chanceuse », j’ai vu rapidement le bout du tunnel. Dès le moment où j’ai pu serrer ma fille dans mes bras en sortant de l’hopital j’ai vite remonté la pente.

    Et… je suis à nouveau enceinte. À peine 6 semaines après ma fausse couche j’ai eu mes premières règles… et 1 mois plus tard, un beau + sur un test de grossesse.

    Je te souhaite donc que la vie te donne la même chance que moi.

    Une lectrice silencieuse depuis longtemps…

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  7. La Belle dit :

    Je t’envoie tout plein de douceur et de câlins.

    J’ai fait une fausse couche à 8 semaines et en te lisant, je revivais en quelque sorte les mêmes émotions. J’en ai aussi parlé sur mon blogue (en mars 2009). On ne sait jamais comment on va réagir et je crois qu’il faut se donné le temps de vivre nos émotions.

    Prends bien soin de toi xxx

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  8. cynthiainf dit :

    Je suis sans mot en lisant ton post…

    Tout ce que je réussi à te dire, c’est que mes pensées sont avec vous….

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  9. Damia dit :

    Merci à vous toutes pour vos messages! Ça me touche vraiment beaucoup. Je sais que je ne suis pas la seule à traverser cette épreuve et je ne serais malheureusement pas la dernière. Merci de vos mots, de votre soutien!

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  10. Lya dit :

    Je viens de lire… Je suis désolée. Si désolée. Je suis passée par là deux fois, je sais ce que tu vis. Toutes ma sympathie est avec toi.

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