Sans enfant pour un weekend

Mes enfants sont à l’école. Je ne les verrais pas avant mardi prochain. Hier soir, j’étais à boutte comme on le dit si bien. Ils étaient particulièrement agités. Les chamailles étaient nombreuses bien qu’elles n’étaient pas dramatiques. Quand ils ne se disputaient pas, ils courraient dans la maison, criaient, chantaient. Pour moi, ça me semblait (je ne trouve pas le bon mot), gros? immense? à la limite insupportable! Je me suis senti coupable de penser une telle chose. Mais il faut dire que ma fille a été particulièrement difficile cette semaine. Elle était de mauvaise humeur, irritable, air bête, voulait constamment contrôler son frère, ne m’écoutait pas. Disons qu’elle faisait tout pour tester mes limites et ma patience qui sont, comment dire, pratiquement inexistante ces temps-ci. Bien sur, je me suis senti coupable d’avoir hâte qu’ils soient au lit, d’avoir hâte qu’ils aillent chez leur père, d’avoir hâte d’être seule pour quelques jours. Je me sens coupable parce que je sais que la plupart des parents ont leurs enfants à temps complet! Je n’ai pas fait des enfants pour qu’ils aillent chez leur père un weekend sur deux, ou pour les faire garder à tout moment.

Mais, parfois.. je balancerais tout ça là et je partirais. Je sais que je ne le ferrais jamais. Je ne quitterais pas mes enfants ni ma famille. Je ne pourrais pas. Mais le temps d’un fantasme… juste une petite minute, la pensée est là. Bien présente. Réelle. Se voir claquer la porte, sans regret, et les laisser s’organiser quelques heures. Mon chum m’a offert de le faire. D’aller marcher une heure. Qu’il s’occuperait de les envoyer au lit. Mais j’ai refusé. J’ai respiré. J’ai asséché mes yeux. J’ai balayé le fantasme du revers de la main et je suis allé préparer le bain de mon plus jeune. Le fantasme n’était plus là. Je n’y avais pas repensé jusqu’à ce que je commence à écrire. Je ne me sens plus coupable d’avoir rêver un court moment. Je me dis que je ne dois pas être la seule à y penser parfois. Ça ne se peut pas. Il ne faut pas sinon, je me sentirais coupable. Je me dirais que je suis une mauvaise mère.

Et, il y a la petite voix… qui me dit… “Et tu veux d’autres enfants? Comment vas-tu y arriver? T’as le goût de t’enfuir et tu n’en as que deux.. que feras-tu avec 3 et peut-être 4?? Je déteste cette voix. Cette petite voix qui nous fait nous sentir coupable. Ma thérapeute me disait que cette petite voix, c’est Aurore. Celle qui interprète les paroles des gens de notre entourage. Par exemple, votre conjoint vous dit que votre chandail ne vous va pas bien. La petite voix s’empresse de vous dire : “Tu as engraissée. Tu es grosse. Il va te laisser pour une plus jeune. Mets toi au régime au plus vite. T’aurais dû faire plus d’exercice.“ Mais votre conjoint ne pense rien de tout ça… juste qu’il n’aime pas le nouveau chandail! Maintenant, cette voix est toujours présente. Il faut apprendre à cesser de lire entre les lignes. Malheureusement, je n’y arrive pas toujours. Ça me rend souvent très malheureuse, surtout que je me suis rendu compte que ma fille fait la même chose. Si je lui dis : “Cesse d’être agressive avec ton frère”, elle entend : “Ton frère est plus fin que toi. Il est le préféré de ta maman.” J’espère que mes explications sont claires! Est ce que vous avez aussi cette petite voix?

Ce matin, je tente d’être rationnelle. J’ai le droit d’être à bout de nerfs. J’ai le droit d’être épuisée. J’ai le droit de rêver de vacances. J’ai le droit de souhaiter quitter mon rôle de maman pour quelques instants. Mes enfants n’en sont pas malheureux! J’ai le droit de vouloir du temps pour moi. Surtout en ce moment. J’ai le droit. J’ai surtout le droit de penser ce que je veux. J’ai le droit de me sentir comme je me sens. J’ai le droit. J’ai le droit. Si je le répète sans cesse, je vais finir par vraiment y croire!

5 réflexions sur “Sans enfant pour un weekend

  1. Stefany dit :

    Je pense totalement comme toi et je sais que quand je me sens comme ça, rien ni personne ne pourra n’en changer quoi que ce soit. Des fois, je me dis même que : comme je suis une si mauvaise mère, je devrais laisser mon fils à mon ex et qu’il sera surement mieux là-bas. Bien entendu ça me déchire le coeur mais en même temps, je me dis que je fais rien de bon avec lui. C’est pas évident à écrire et je me disais moi aussi que je devais être la seule à penser comme ça et que j’ai une fin de semaine sur 2 de congé alors je ne devrais jamais me plaindre.

    Et quand je pense à mon chum qui voudrait un autre enfant, je sais que sa mère n’est pas d’accord et je me dis que moi-même dans le fond, je ne veux pas en avoir. Mais pourtant, je le voudrais bien, sauf que je ne suis pas sure non plus d’être capable. J’avais même essayé de laisser tomber la médication depuis 1 semaine. On oublie ça!! Je sais pas si c’était un adon mais mon fils n’était plus du monde et moi non plus.

    Tout ça pour dire qu’on est belles, on est bonnes et on est capable 🙂
    Ça va finir par rentrer lol!!

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  2. Maryse St-Arneault dit :

    Ben tu sais, je ne suis pas en dépression et je suis bien contente desfois que le plus vieux aille chez son papa. Ça fait du bien que l’autre personne prenne la relève même si c’est un ex ou le beau papa des enfants. Je pense qu’on en a besoin pour se reposer et se ressourcer. Je pense qu’on a a pas à se sentir coupable pour ça… Bon courage !🙂

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  3. Jane dit :

    Quand je t’ai écris que j’avais mon fils 24/24 7/7 c’était une façon maladroite de te remonter le moral🙂
    En fait, je comprends très bien ton sentiment, qu’on soit mono ou non, il nous arrive d’être à bout, c’est normal. Surtout lorsqu’ils testes nos limites!!
    J’espère que ça été plus smooth par la suite!🙂

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