Une montagne à franchir

En ce moment, tout stress me semble une montagne à franchir. Autant j’avais l’impression d’avoir fait des pas énormes, autant j’ai l’impression d’avoir reculé encore plus. J’ai passé ma soirée et mon après-midi hier à pleurer. Au point que mon amoureux a pris son après-midi de congé pour demeurer avec moi. La moindre contrariété, le moindre stress supplémentaire me fait éclater en sanglot. J’suis tellement tannée. Je me sens coupable de tout. J’ai l’impression que je pourrais faire plus pour que mes enfants ne souffrent pas. Mon fils me dit : « Maman, j’ai l’impression que la vie est difficile! » ou « La vie est dure, maman ». Ça me brise le coeur! Merde, il n’a que 6 ans et trouve que la vie est dure!!! J’essaie de lui dire que ça vaut la peine! Qu’il y a des petits trucs plus difficiles que d’autre, mais que la vie en générale est belle et amusante! J’essaie de lui rappeler qu’on a beaucoup de plaisir ensemble, avec ses amis, le chien de grand-maman, sa soeur. les fleurs, ses poissons… etc, ce sont toutes des choses qui le rendent heureux.

Nous sommes sortie à la bibliothèque hier et sommes allé souper chez ma mère. À notre retour, il y avait deux messages sur le répondeur. Ma fille a eu peur que ce soit son père. Elle a dit : « je veux pas y parler ». Encore une fois, je me dis que c’est de ma faute. Que je n’aurais jamais dû lui laisser prendre le téléphone. Que je ne les protège pas assez.  Je sais que je ne peux pas les protéger de tout, mais je ne peux m’empêcher de culpabiliser. Je sais que tout ça fait grandir mes enfants trop rapidement. Ils devraient jouer avec leur bébelles et leurs amis plutôt que de craindre ce que leur père pense. Ma fille essaie de me protéger, ce qui n’est pas normal. C’est moi la maman! C’est à moi de la défendre, de diminuer son stress, de rendre sa vie simple et joyeuse.

Ce soir, je dois le contacter. Je dois savoir de quelle façon il compte recevoir les enfants. Si ma fille n’est pas à l’aise, je ne peux pas la forcer. C’est fin de semaine sont faites pour se reposer de sa semaine, pas la rendre plus nerveuse! Encore une chose qui me stresse, mais je dois le faire pour mes bébés. J’essaie de me convaincre que je suis forte, que je suis capable. Mais la petite voix en moi hurle de peur. Mon coeur bat à une vitesse qui n’a rien de normal. Si je ne me retiendrais pas, j’irais me cacher sous mes draps et je tenterais d’oublier tout ça… J’veux juste que tout s’arrange. La petite fille que je suis, voudrait que quelqu’un fasse tout pour elle, mais c’est malheureusement impossible.

4 réflexions sur “Une montagne à franchir

  1. La Belle dit :

    J’ai l’impression de me lire à pareille date environ il y a un an. Dans mon cas, je n’ai pas eu de retrait du travail, j’étais déjà en « congé » de maternité. En te lisant j’ai pensé à un truc que je voulais te partager :

    Je pleurais souvent, et parfois devant les enfants. Mes pleurs étaient soudains et sans avertissement et ma psy m’avait donné un truc qui m’a aidé et qui semble avoir eu un effet positif sur les enfants. Leur dire, lorsqu’ils me voyaient pleurer, que « Maman s’occupe de sa peine ». Elle m’avait dit que c’était important de ne pas qu’ils sentent qu’ils doivent s’occuper de ma peine.

    Je dois t’avouer que ce fut très difficile les premières fois, mais les enfants me faisaient un gros câlin et puis retournais jouer. Je pouvais pleurer tranquillement et reprendre sur moi.

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  2. Vanessa dit :

    J’ai découvert ton blog il y a plusieurs années… Je l’avais tout lu je crois bien mais je n’ai jamais commenté! Mais aujourd’hui j’en ressentais le « besoin ». J’avais envie de te dire que tu es forte, que tu es bonne et de ne pas lâcher! La dépression, burn-out, fatigue émotionnelle (appelle ça comme tu veux) ce n’est jamais évident à gérer et j’imagine qu’avec une famille à gérer en plus, ce l’est encore moins. Regarde d’où tu es partie et où tu es rendue maintenant plutôt que de visualiser ton objectif et de te dire que tu en es encore loin ou encore de te comparer à toi dans le passé! (Je parle en connaissance de cause ici…)

    Mon deuxième commentaire s’adresse à la garde partagée😉 Je ne connais aucunement les détails de la vie de ton ex. Peut-être juges-tu sa présence contaminante ou non nécessaire et je ne suis pas là pour juger! Par contre, je peux te parler de mon expérience personnelle. En 10 ans de vie d’enfants séparés, ma mère m’a toujours « obligée » à aller chez mon père. J’ai arrêté d’y aller à 18 ans lorsque je suis partie étudier à l’extérieur. Aujourd’hui je l’en remercie car j’ai VRAIMENT une belle relation avec lui contrairement à ma soeur qui y allait sporadiquement et qui a arrêté d’aller chez lui à 11-12 ans environ! JAMAIS (ou presque) ma mère a parlé contre mon père directement à ma soeur ou moi et je lui en suis tellement reconnaissante, même si mon père a été un vrai salaud (n’ayons pas peur des mots) ma mère a toujours tenté de faire son possible pour nous tenir à l’écart de ses jugements et c’est seulement vers l’âge de 20 ans qu’on en a vraiment parlé toutes les deux, lorsque j’étais assez mûre pour me faire ma propre opinion sans être contaminée par mon amour inconditionnel pour ma mère!

    Ne lâche pas ma belle! J’aime beaucoup te lire et regarder tes photos!

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  3. Damia dit :

    La Belle, merci pour le truc! Depuis le début de mon arrêt de travail, j’ai expliqué aux enfants que le médecin voulait que je me repose, que je devais prendre du temps pour moi. J’ai essayé de leur expliquer ce qui se passait sans mettre le mot dépression dans la conversation. Sinon, je crois qu’il peuvent l’entendre ailleurs et s’imaginer le pire! Surtout avec toutes les pubs qu’il y a en ce moment sur cette maladie. J’arrive à ne pas pleurer devant eux. Habituellement, j’arrive à tenir jusqu’à ce qu’ils soient au lit. Parfois, mon chum leur dit que je suis allé m’étendre parce que je suis trop fatiguée. Mais, lorsque les larmes finissent par sortir alors qu’ils sont présent, j’ai beau essayer de leur expliquer que ce n’est pas leur faute… ca reste qu’ils deviennent très emotifs. Merci de ton trucs. Je vais surement l’essayer si l’occasion se présente.

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  4. Damia dit :

    Vanessa,
    merci de sortir de l’ombre pour faire part de ton expérience! Depuis le début, je tente de valoriser la relation père-enfant, surtout avec ma fille. Je me dis que ma fille est mieux de connaitre son père tel qu’il est plutot que de l’idéaliser si elle ne le voyait pas du tout. Par contre, en ce moment je crois que mon ex conjoint peut-ètre néfaste pour eux d’une certaine manière. Je ne crois pas qu’il faut couper les ponts complètement. Je dis souvent à ma fille qu’un jour je lui raconterais ma version de l’histoire, mais en attendant elle est encore une petite fille et n’a pas à connaitre toutes les histoires des grandes personnes.
    Encore une fois, merci de tes encouragements. Ça me fait toujours du bien de savoir que je ne suis pas seule!

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