Accepter ses faiblesses

Depuis que je suis en « congé », j’ai beaucoup plus de temps pour mes deux enfants. Sincèrement, moi qui ne voulait pas être arrêté. Moi qui a pleuré dans le bureau de mon médecin parce que je ne voulais pas rester à la maison. Moi qui me reprochait ma faiblesse de ne plus être en état de faire mon devoir. Moi qui encore hier ne savait pas si c’était la solution de m’arrêter. Je commence tout juste à réaliser que c’est peut-être la solution. Que oui, j’avais besoin de m’arrêter un peu.

À l’âge de 21 ans, je suis tombé enceinte en plein milieu de mon bacc. J’ai poursuivi mes cours à temps complet ainsi que les stages. Enceinte jusqu’aux oreilles. Ensuite, j’ai eu mon bébé après mes examens d’avril et j’ai recommencé en septembre. J’ai ensuite terminé mes cours, toujours à temps complet avec un nouveau-né. Une fois mon cours terminé, j’ai travaillé à temps complet.

À 24 ans, je suis à nouveau enceinte. Je travaille à temps complet jusqu’à la fin. À 16 semaines de grossesse, le papa me laisse. Je me retrouve enceinte, seule avec une petite fille de 2 ans en pleins terrible two, plus ma job. Je rush, mais je refuse qu’on m’arrête. À 8 mois de grossesse, le papa revient… grosse erreur de ma part, mais je ne le réaliserais que quelques années plus tard.

À 29 ans. Mon chum me laisse pour une jeune fille qui sort à peine de l’adolescence. Une rupture pas toujours facile. Je me rends compte de ce qu’il est, de ce que j’ai accepté pendant des années alors que je n’aurais pas dû. Je m’achète une maison seule, change de poste au travail pour me retrouver de jour. Maman monoparentale à temps complet. J’ai heureusement un nouvel amoureux qui m’aide et me soutien. Avocat pour régler la garde des enfants, séance chez la travailleuse sociale pour aider mes enfants à passer à travers de tout ça.

Et c’est finalement à 31 ans, quand je pense que tout va bien que j’écrase. Plus d’énergie, plus de motivation, plus de joie…. mes batteries sont à plat, mais je veux continuer. Mon médecin, ma psy… tous s’entendent pour me dire d’arrêter. Je les remercie aujourd’hui. Ça va m’avoir pris 3 semaines pour réaliser qu’il fallait que j’arrête. Pour moi. Pour mes enfants. Pour mon couple. Pour mon amoureux.

Ce sont les phrases que mes enfants m’ont dit qui m’a fait réaliser qu’il y avait surement une raison pour que j’arrête à ce moment précis. Il fallait que je sois à la maison. Il fallait que j’apprenne à me reposer, à prendre soin de moi pour ainsi pouvoir prendre soin des gens qui sont important pour moi par la suite. Si je prends soin de moi, je vais pouvoir aider les autres ensuite.

C’est quand même difficile d’accepter qu’on a besoin d’aide. J’ai passé 30 ans de ma vie à me taire. À garder pour moi mes problèmes, mes craintes, mes faiblesses. Maintenant, je commence à parler. Je commence tout juste à comprendre à quel point ça fait du bien de sortir le méchant, comme on dit. J’ai encore beaucoup de chemin à faire. Mais, j’ai au moins passer l’étape de l’acceptation. Et, j’suis même entrain de me dire que je ne me sens pas prête à retourner au travail pour le moment. Je revois mon médecin la semaine prochaine. Faire le lavage, marcher, assister à la réunion de parents… tout ça me brule, gruge mon énergie. Mais au moins, je sais quand je dois seulement m’étendre et être à l’écoute de ce que mon corps me dit.